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POLLINISATION DU KIWI

La réussite de la pollinisation du kiwi (actinidia sp.) constitue l'une des étapes importantes pour l'obtention de fruits répondant à une normalisation internationale (fruit d'un poids supérieur ou égal à 72 g entrant dans la catégorie 1 ou extra (>90g)).

Biologie florale

On observe dans les vergers de kiwi deux types d'arbres
  • Les pieds mâles, tres florifères portent des fleurs mâles au pollen viable et aux ovaires atrophiés.
  • Les pieds femelles, à floraison plus réduite, portent des fleurs femelles aux ovaires normalement développés et à pollen stérile.

    Morphologie de la fleur

    (Mac Grégor)
    fleur male fleur femelle
    les fleurs mâles(A) et femelles (B) sont régulières
  • Le calice est constitué de 5 à 7 sépales soudés à leur base et persistants
  • La corolle comprend 5 à 7 pétales, libres, de couleur blanche
  • L'androcée est formé de nombreuses étamines insérées en spirale sur le réceptacle. Les fleurs mâles produisent un pollen de couleur blanche, viable pendant les 2 ou 3 jours qui suivent leur ouverture. Les fleurs femelles produisent un pollen de couleur crème, non viable.
  • Le pistil est constitué de nombreux carpelles soudés au niveau de l'ovaire. Les styles recourbés sont libres Ct seules les fleurs femelles présentent des styles porteurs de stigmates. Chaque carpelle porte un grand nombre d'ovules. Fécondés ils donneront les graines du fruit et les carpelles en se modifiant constitueront la masse charnue du kiwi.

  • Fécondation et nouaison

    La principale variété cultivée ( clône LUWARD ) présente des fleurs bisexuées mais mâles stériles. Il est donc nécessaire d'introduire dans la culture des varié tés à fleurs mâles fertiles en quantité suffisante.

    a) Réceptivité des fleurs femelles

    Les fleurs femelles peuvent être pollinisées pendant les 7 jours suivant leur ouverture et même après le début de flétrissemeut de la fleur. Mais le changement de couleur de la fleur (brunissement) entraîne une plus faible attraction vis à vis des insectes pollinisateurs.
    Sept heures après le dépôt du pollen sur le stigmate, un certain nombre de grains germent sur les papilles des stigmates et les tubes polliniques s'enfoncent dans le tissu de l'ovaire.

    b) Nouaison

    La fleur d'Actinidia se caractérise par un taux de nouaison proche de 100%. Ce qui signifie que, sauf accident, chaque fleur femelle donne un fruit. Seul un déficit très sévère en pollinisation entraîne une chute du fruit. La mise à fruit ne nécessite pas une fécondation de tous les ovules. Mais seuls les fruits résultant de la fécondation d'un grand nombre d'ovules, c'est à dire ayant un grand nombre de graines (n> 800) présentent un intérêt commercial. En effet HOPPING a montré en 1976 qu'il y avait une corrélation étroite entre le nombre de graines et le poids des fruits.
    Il existe également une corrélation entre le nombre de graines et la forme du fruit. L'action des graines sur le développement des fruits est attribuée à leur action hormonale.
    Une bonne fécondation est absolument nécessaire pour obtenir des fruits de qualité mais elle ne suffit pas pour avoir de beaux fruits.
    Encore faut-il que les autres facteurs de production soient, eux-aussi, bien contrôlés (taille, entretien, fumure, arrosage...).

    Agents pollinisateurs

    Le vent

    Il constitue un agent pollinisateur certain mais les fruits obtenus par sa seule action sont de petites tailles et le taux de nouaison est plus faible.
    De plus le kiwi réagit mal au vent. Branches de fructification cassées, rugosité des fruits soumis à des frottements..., désordre physiologique au niveau de la plante, perte d'eau, flétrissement, nuisent à ses performances. Une bonne protection contre le vent est indispensable.

    Les insectes

    Le rôle prépondérant des insectes a été mis en évidence par PALMERJONES et CLINCH (1975) et l'abeille domestique demeure l'agent pollinisateur le mieux adapté pour répondre aux besoins des arboriculteurs Modalités pratiques

    Modalités pratiques de pollinisation

    Afin que l'activité des abeilles soit optimale dans la plantation de kiwi, il est nécessaire qu'il y ait des conditions météorologiques favorables au cours de la floraison.
    Les ruches destinées à celle pollinisation doivent avoir de jeunes reines, être en phase de développement et contenir suffisamment de couvain à nourrir pour stimuler au maximum l'activité des butineuses. Celles-ci, dans la quête incessante de nourriture, assurent la pollinisation.
    Dépourvues de nectar, les fleurs de kiwi sont peu attractives pour les insectes La compétition avec d'autres espèces florales est souvent importante. Le verger doit être saturé en abeilles. On recommande un nombre de 4 à 10 ruches à l'ha. Mais des densités de 8 à 10 ruches sont le plus souvent rencontrées.Le nombre d'abeilles observées dans une plantation lors des comptages est souvent compris entre 1,5 et 2,5 abeilles pour 100 fleurs. Les fleurs des pieds mâles sont plus visitées que celles des pieds femelles. Les ruches doivent être apportées au début de la floraison des fleurs femelles. Mais les abeilles ne sont efficaces que s'il y a aussi des fleurs mâles.
    MATUA est la variété mâle la plus utilisée. C'est un clône hâtif par rapport au clône HAYWARD. Il fleurit 5 à 6 jours avant lui. On préconise d'ailleurs de multiplier les variétés de mâles dans les plantations avec des clônes hâtifs, intermédiaires et tardifs comme TOMURI pour augmenter les chances d'une bonne fécondation quels que soient les aléas météorologiques.

    Pour optimiser davantage encore cette pollinisation plusieurs méthodes sont envisageables: ·

    • Remplacement fréquent des ruches (tous les 2 ou 3 jours). Cette méthode repose sur l'idée que l'abeille, abandonne assez vite la fleur kiwi au profit de fleurs nec-tarifères et qu'elle n'est efficace en pollinisation que pendant la période d'investigation.

    • Mise en place de trappes de pollen Celles ci en appauvrissant artificiellement les ressources alimen-taires en pollen de la colonie, obligeraient les butineuses à en rechercher de plus grandes quantités. Ce qui renfor-cerait leur activité pollinisatrice. Or la quantité de pollen émise tant par les fleurs femelles que par les fleurs mâles est importante.

    • Ces deux méthodes nécessitant plus de travail de matériel augmentent les coûts de pollinisation.

    • Utilisation de ruchettes. Cette méthode peut s'avérer intéressante Si la ruchette renferme une jeune colonie en plein développement. Plus légères que les ruches elles peuvent être mieux réparties dans le verge'. N'étant pas en étal de 'faire" du miel, elles peuvent être réparties en plus grand nombre.

    Des pieds mâles en quantité suffisante, une floraison de fleurs mâles couvrant toute la période de floraison des fleurs femelles, des abeilles nombreuses et avides de pollen sont autant d'atouts pour une bonne pollinisation des fleurs de kiwi et par là même pour une production abondante et de qualité.


    Rédactrice: Joelle Vilain. Fiche réalisée en collaboration avec la station INRA Avignon.

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